Acharnement judiciaire, intimidation, rupture du contrat sans préavis, affectation abusive : Le honteux plan machiavélique du régime Faure / RPT / UNIR pour contrer les revendications sociales de la STT

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Acharnement judiciaire, intimidation, rupture du contrat sans préavis, affectation abusive… La Synergie des Travailleurs du Togo (STT) qui signe son retour en force sur le front social a dévoilé un plan machiavélique mis en place pour déstabiliser la dynamique.

Acharnement judiciaire, intimidation, rupture du contrat sans préavis, affectation abusive : Le honteux plan machiavélique du régime Faure / RPT / UNIR pour contrer les revendications sociales de la STT

C’est au cours d’une rencontre avec la presse à Lomé que la Synergie des travailleurs du Togo a annoncé sa rentrée sociale 2016-2017 sous le thème « Ensemble pour une justice sociale effective au Togo ». Une assemblée générale est prévue le vendredi 4 novembre prochain au centre communautaire de Tokoin à 15 heures, pour déterminer la conduite à tenir pour arracher du gouvernement le bien-être des travailleurs. Au cours de cette année 2016, la STT entend engager sa lutte autour de sa plateforme revendicative « mise en veilleuse depuis le 08 avril 2015 » et « contre toutes les formes d’injustices sociales qui sévissent dans le monde du travail ».

« En effet, depuis notre suspension des mouvements, le gouvernement dans toutes les campagnes qui ont été orchestrées contre nous, a assuré toute la population qu’il nous a tout donné et est disposé à continuer à dialoguer avec nous et que nous avons refusé; donc que notre lutte n’est pas syndicale », a pesté Mme Nadou Lawson-Oloukounlé, Coordinatrice générale de la Synergie. « Nous l’avons pris au mot et depuis, nous cherchons à obtenir ce dialogue, en vain. Bien sûr, le ministre de la Fonction publique nous reçoit avec les autres centrales, mais nos discussions n’aboutissent à rien. Le 25 septembre dernier, lors de notre dernière entrevue, il était encore question d’une table de discussion en cours d’organisation dont il ne savait pas si elle doit aboutir sur des engagements ou autre chose. Dans tous les cas, il ne prévoyait pas y inclure des discussions sur des plateformes de revendications. Sur insistance des participants, il concède organiser une table parallèle afin d’examiner lesdites plateformes », a-t-elle rapporté. Et d’ajouter : « Bref, rien dans nos relations d’aujourd’hui n’indique que nous pourrons un jour par le dialogue obtenir d’autres améliorations pour les travailleurs. Nous pouvons nous tromper, mais pour l’heure, nous ne voyons rien ».

Visiblement, sous les tropiques, les dialogues sont devenus, une sorte du dilatoire que le gouvernement entretient à dessein. Cette plateforme de revendication ne date pas d’aujourd’hui. C’est depuis 2013 que les travailleurs de la fonction publique réclament de meilleures conditions de vie et de travail. Et depuis, soit, de discussion en discussion, ils sont tournés en rond ; soit ce sont des manœuvres qui sont ourdies ici et là pour casser la dynamique.

Au moment où les travailleurs observent depuis avril 2015 une trêve dans la perspective de faire aboutir les discussions, le pouvoir, lui, préfère mettre en place un système de répression « qui touche de près ou de loin à la STT ». Selon la Synergie, depuis la rentrée scolaire 2015-2016, le gouvernement dans son plan machiavélique, a procédé au démantèlement des points focaux en les affectant « loin de leur famille et d’autres laissés sans postes de fonction dans des « garages » ». « Quand nous avons approché le ministre des Enseignements primaires et secondaires pour les affectations abusives, il nous a demandé de les accepter pour l’année en cours et que l’année suivante, il pourra agir car il venait d’entrer nouvellement en fonction. Cette rentrée, nous lui avons adressé une correspondance qui est restée lettre morte », lit-on dans la déclaration liminaire de la STT qui a sanctionné sa conférence de presse.

Tout récemment, dans un hôpital de la capitale, le bureau d’un médecin membre de la STT a été fermé et la serrure changée sans que ce dernier ne soit informé au préalable. De même, un autre membre de la coordination de la Synergie exerçant dans une structure a vu son contrat rompu unilatéralement sans « avertissement ni même le payement de six mois précédemment durant lesquels il a exercé ». Des consignes sont données pour qu’il ne soit pas employé dans d’autres structures des secteurs privés et publics. Dans l’administration générale, les membres de la STT sont mal vus. Ils sont tout simplement poussés hors de certains comités où ils représentent leurs services.

Au cours de la rentrée précédente, la STT a initié une campagne nationale autour du service public de qualité. Les partenaires et les opérateurs économiques ont refusé de s’engager avec les travailleurs dans l’exécution de leur plan d’action. Pour la Coordination de la Synergie, les mains sales du pouvoir seraient passées par-là. Cette même situation a été vécue par le Synphot (Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo) lors de sa campagne pour le sourire. Malgré les demandes de soutien, les structures, même celles étatiques ont refusé de sourire à la santé.

Les répressions, les intimidations que subissent quotidiennement les organisations syndicales qui refusent de faire le jeu du pouvoir sont énormes. Il y a quelques semaines, les bourreaux de la liberté syndicale ont encore frappé. Le vendredi 02 septembre dernier, Frédéric Sanwogou, porte-parole de la Coordination préfectorale de Dapaong a été arrêté et jeté en prison le lendemain « pour une histoire à dormir debout », selon ses camarades. Ceci, suite à une plainte de la Coopérative des Assemblées de Dieu (AD).

Les faits : « En effet, notre camarade a obtenu un crédit de trois millions de la Coopérative AD en début d’année 2016. Le crédit étant tombé en souffrance, la coopérative est entrée en discussion avec lui et a obtenu un accord signé le 2 juin 2016 pour le remboursement au 31 octobre 2016 des mensualités en retard plus les intérêts. Sans que la date de l’accord ne soit arrivée, il fut convoqué à la Gendarmerie. Il fut confronté à la coopérative qui l’accuse d’avoir détourné l’objet du crédit. Suivant la déclaration de la coopérative, le camarade aurait donné son crédit à l’un de ses amis qui serait venu en faire un dépôt de garantie pour un autre crédit que ce dernier sollicitait à son tour », rapporte la STT. Bien qu’une procédure de remboursement soit trouvée entre les parties, Sanwogou est mis en prison. De tractation en tractations, la coordination de la STT a pu obtenir de la coopérative AD le retrait de la plainte. Mais les juges ont refusé de libérer « leur proie » sous prétexte de l’ « intérêt du service public ». Le tribunal dit devoir « établir coûte que coûte la faute pour prouver qu’il n’a pas été arrêté arbitrairement ».

12 octobre, coup de théâtre. Les juges ont prononcé la sentence en condamnant Sanwogou à 24 mois de prison dont 4 mois ferme. Avec le retrait de la plainte par le principal accusateur, rien ne pourrait visiblement justifier le maintien en détention de l’accusé. Sanwogou est-il en train de payer pour son activisme et son engagement syndical dans la région? En tout cas, ses détracteurs ont trouvé la belle occasion pour frapper et régler lui les comptes. Et aussi pour fragiliser la mobilisation à Dapaong et dans la région. « Les juges Yagnnim et Djimah ont initié une nouvelle justice à Dapaong. A l’audience du 7 septembre, l’un d’eux proclamait haut et fort qu’après Dieu, les juges sont les seules personnes à manipuler les libertés des hommes », a précisé la STT. L’objectif inavoué, c’est de créer la démobilisation. Les travailleurs face à leurs responsabilités, ne comptent pas se laisser casser par ces manœuvres. Et c’est sur fond de détermination et d’engagement qu’ils se préparent à retourner au front.

« Nous avons choisi de suivre les procédures normales afin qu’on ne nous taxe pas d’extrémistes qui ne veulent pas respecter la loi. Aujourd’hui force est de constater que le gouvernement a décidé qu’avec la STT, il n’y aura aucune procédure normale. Les démarches que nous entreprenons se soldent presque toutes par des promesses sans résultats », peste la Coordination. Elle demande la reprise des discussions autour de la plateforme et de tout sujet du monde syndical, ainsi que la libération de Sanwogou. « Que tous ceux qui jouissent directement ou indirectement des fruits de notre labeur mais reviennent nous opprimer pour obtenir des points auprès de la hiérarchie arrêtent, car nous n’avons fait que réclamer un peu d’amélioration de nos conditions de vies pour nous tous. Qu’ils en jouissent et reviennent nous opprimer est tout simplement inhumain, que les manœuvres orchestrées par certaines centrales syndicales auprès des travailleurs visant à s’approprie les mérites de la STT s’arrêtent. Qu’ils arrêtent de terroriser les travailleurs en leur faveur afin d’émietter nos syndicats », a mis au point la Coordination de la Synergie.

L’objectif est clair, contraindre la STT à ne plus déranger le gouvernement, mais à l’arranger. Depuis sa création, cette organisation est devenue le souffre-douleur du pouvoir. Mais à la STT, on ne compte pas céder à la pression. On pourrait s’attendre à des actions d’envergure dans les prochains jours après l’AG du 04 novembre. Faure Gnassingbé qui a investi des milliards dans son sommet sur la sécurité et la sûreté maritimes, va-t-il trouver des moyens pour satisfaire les travailleurs ? En tout cas, on redoute une année scolaire mouvementée.

Source : PCK, L’Alternative No. 566 du 28 octobre 2016

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