A quoi rime la nomination de nouveaux présidents de délégations spéciales ?

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Doit-on croire que les élections locales sont impossibles au Togo ? C’est en tout cas la question qui revient sur les lèvres, surtout quand on remarque que le gouvernement continue de procéder à la nomination de nouvelles délégations spéciales, au lieu des Maires et autres élus par les populations elles-mêmes via les élections locales.

Ce n’est un secret pour personne. Il faut organiser les élections locales au Togo. Et cela, les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, les organisations de la société civile et mêmes les diplomates accrédités au Togo sont unanimes là-dessus. Pour un développement à la base, il faut des hommes et des femmes, élus par les populations et porteurs des projets de celles-ci.

Cependant, ce refrain semble mal sonner dans les oreilles de ceux qui sont au pouvoir. Nombreux sont les Togolais qui étaient surpris d’apprendre la nomination de nouveaux membres des délégations spéciales dans les préfectures d’Anié et du Bas-Mono, lors du Conseil des ministres du mercredi dernier.

Cela suppose que le régime RPT/UNIR n’a pas encore inscrit l’organisation des locales dans son agenda. On se demande ce qui cloche chez le pouvoir pour qu’il remette toujours aux calendes grecques la tenue de ces élections.

Entre-temps, on a fait comprendre que les villes togolaises ne disposent pas encore d’infrastructures adéquates pour rendre effective la décentralisation, et donc organiser ces élections. Mais il nous souvient qu’en 2014, le gouvernement togolais a signé avec l’Allemagne la deuxième phase de la coopération germano-togolaise qui a pris en compte la construction des infrastructures dans trois villes, notamment Tsévié, Kpalimé et Sokodé.

On se demande également où on en est avec le programme d’appui à la décentralisation financé à hauteur de 27 milliards de F CFA. A cette époque, Gilbert Bawara, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, affirmait que c’est un souci pour le gouvernement de mettre en place les collectivités locales élues.

Cette préoccupation n’est-elle pas d’actualité aujourd’hui ? Pourquoi continue-t-on de nommer des délégations spéciales ?

Il est clair que face à ces interrogations, l’on ne peut que croire des observateurs qui affirment que le pouvoir de Faure Gnassingbé prépare déjà les prochaines fraudes électorales en mettant ses hommes de mains dans les différentes localités, à travers ces délégations spéciales. Dans ce cas, les appels de l’opposition et de la communauté internationale resteront sans suite.

Même les recommandations de la première édition des « universités sociales du Togo » relèvent la nécessité pour le Togo d’organiser dans les meilleurs délais les élections locales. C’est dire qu’elles sont plus qu’une urgence de l’heure.

I.K

icilome.com